Magistero

Homelie pour l’ordination diaconale et sacerdotale a Butembo (Congo) | Mgr Antonio Staglianò

Mgr-Melchisedech-Sikuli-Paluku

13 gennaio 2010

HOMELIE TENUE PAR SON EXCELLENCE MONSEIGNEUR ANTONIO STAGLIANO’, EVEQUE DU DIOCESE DE NOTO POUR L’ORDINATION DIACONALE ET SACERDOTALE DU 13.01.2010 A BUTEMBO AU DIOCESE DE BUTEMBO-BENI

Son Excellence Monseigneur Evêque Sikuli Melchisedech, chers confrères dans le sacerdoce, chers ordinands diacres et prêtres, et vous saint Peuple de Dieu de l’Eglise aimée de Butembo-Beni, paix et bénédiction dans le Seigneur Jésus Christ.

Chaque Evêque tient à son séminaire, comme lieu où se préparent ceux qui collaboreront à son ministère. Attendre avec trépidation et joie le moment de l’Ordination sacerdotale, conscient que l’Eglise qu’il guide et sert, devra être enrichie avec des nouvelles énergies pour que, à tous soit annoncé l’Evangile et rassemblés dans la Sainte Eglise dans laquelle ils sont nourris de l’Eucharistie et consolés par le sacrement de la Réconciliation. C’est ainsi que c’est un geste de grand partage et de communion que son Excellence Monseigneur Sikuli Melchisédech m’offre et m’honore pour conférer aujourd’hui l’ordination sacerdotale et diaconale à ces onze fils aimés de l’Eglise de Butembo-Beni. C’est une occasion de plus pour ressouder les liens de fraternité et d’amitié entre les deux Eglises sœurs. L’Ordination sacerdotale crée un lien tellement important entre l’Evêque qui impose les mains et invoque l’Esprit Saint à ceux qui doivent être ordonnés.

Ces six prêtres et cinq diacres seront un signe visible et un témoignage de cette communion que l’Esprit Sanctificateur génère et soutient dans l’Eglise.

La Parole de Dieu que nous venons d’écouter nous guide et nous soutient dans le cheminement de communion et de sainteté. Dans la première lecture, nous voyons Moise qui n’est pas en mesure de supporter la tension et le poids des récriminations de ce peuple de Dieu lui confié. Face à ce découragement, Dieu intervient et lui ordonne de convoquer septante anciens dans la tente de la réunion, pour qu’il leur soit conféré le même Esprit qui habite Moise et puissent collaborer avec lui. Cette ancienne image semble avoir été décalquée dans la nouvelle histoire que Dieu le Père inaugure en la personne de son Fils, en suscitant des collaborateurs à la mission pour sa moisson.

L’Evangile de Marc, après avoir rapporté la mission des Douze, ajoute l’épisode dans laquelle Jésus envoie un groupe plus étendu. Les conditions de la mission des septante deux comme celle des Douze est la même que celle de Jésus. La différence réside dans le fait que Jésus est le Fils qui a laissé le Père et est « venu » à chercher les frères ; alors que les Douze sont « appelés » et les septante deux sont « désignés » à collaborer à la mission et à l’œuvre du Christ. Comme pour les Douze, la sequela Christi et la mission se fait après un choix, une acquisition d’un nouveau style de vie qui manifeste l’appartenance et la défense de la cause du Règne.

Dans ce groupe des septante deux, aujourd’hui entrent de façon spéciale nos frères ici présents qui sont appelés à l’ordre diaconale et sacerdotale, après un long cheminement de formation humaine, spirituelle et culturelle, ils sont prêts à être envoyés. Chers frères, certainement que votre cheminement ne sera et ne manquera pas des moments de peur, d’infidélité, du sens de l’inadaptation à la mission. Cela est significatif, mais il faut que la mission soit toujours accompagnée par la prière : « priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson » ; car c’est seulement dans la prière que les disciples pourront prendre conscience de l’ampleur de la mission comme seule et seulement prérogative de Dieu. C’est seulement dans la prière que les disciples s’engagent comme « serviteurs » préparés et infatigables pour l’édification du Règne de Dieu.

Il vous est donné une nouvelle étape dans votre cheminement comme disciple, où vous êtes plus responsabilisés pour la construction du Règne, car vous avez pu trouver « l’Absolu » pour lequel vous voulez engager votre vie. Si nous devrions définir la caractéristique du disciple, nous pourrions dire que : « le disciple c’est celui pour qui l’Absolu est le Règne ». Le disciple est un homme que essentiellement se distingue dans la compagnie des hommes, pour ce que son témoignage de vie fait comme référence à l’Absolu : Jésus Christ, sur qui, il modèle sa vie, en qui il trouve référence et orientation dans son jugement et son comportement.

Dans ce comportement de vie se réfèrent les paroles de la mission ou mieux de l’envoie en mission, « ne portez ni bourse, ni sacs, ni sandales et ne saluez personne sur votre route… », ce style de vie essentiel, humble et pauvre, témoignera de l’authenticité de votre vie sur les traces du Christ comme une présence prophétique au milieu du peuple de Dieu. Ces paroles de Jésus à ses disciples supposent ce que Saint Ignace de Loyola en prêchant une retraite spirituelle appelait « troisième niveau de l’Amour », ou mieux le désir de choisir la pauvreté, la folie « d’aller même au milieu des loups » ou de la Croix à l’exemple du Christ qui nous aime. « Cette ressemblance est une mission ». Ce peuple s’adressera à votre service de vie diaconale et sacerdotale comme certains grecs qui demandaient à Philippe : « nous voudrions voir Jésus » (Jn 12,21). Vous devez rendre Jésus présent ici et maintenant (hic et nunc). Saint Grégoire de Nazianze proférait une expression fameuse qui est appliquée à la vie mystique, en rapport avec l’histoire plus perceptible parlant d’un « sentiment de présence ».

Le sentiment de présence est plus qu’une foi simple de la présence du Christ ; car c’est avoir un sentiment vif, vivant la perception presque physique de la présence de Jésus Ressuscité. Si ceci est vraiment la vie mystique, ou au moins la « mystagogie », c’est un sentiment qui introduit la personne dans le mystère de Dieu, du Christ Jésus, comme en le tenant par la main. Vous pourriez réaliser cette voie seulement avec l’Ordination Sacerdotale, Jésus Christ « a imprimé en vous son visage humain et divin, en vous conférant une ressemblance indélébile avec Lui » disait sa Sainteté le Pape Paul VI.

La ressemblance au Christ, chers frères ordinands, vous mettra dans une situation concrète dans laquelle vous serez toujours interpellés à l’exprimer avec la vie. Le passage des Actes des Apôtres que nous avons écouté nous offre une voie concrète, où les œuvres des Apôtres et disciples sont bien visibles. Leur mission est faite non seulement pour annoncer ou faire des grands discours, mais embarque toute l’histoire du peuple : avec leur pauvreté et leurs besoins directs et concrets. Saint Luc souligne cette œuvre de charité « quotidienne » qui est inséparable de leur mission. Aussi votre peuple attend de vous la même sollicitude apostolique pour répondre à leur pauvreté et misère. Effectivement, vous ne manquerez pas de dire, nonobstant votre humanité, comme Moise qui dit au Seigneur « pourquoi vous avez traité ainsi votre serviteur ? pourquoi il n’a pas trouvé grâce à vos yeux, pour m’avoir chargé un poids aussi grand que celui de ce peuple ? »

Un des plus grands théologien de ce dernier siècle, Bernard Häring, réfléchissant sur le don du sacerdoce ministériel à l’occasion de son cinquantième anniversaire de l’ordination sacerdotale, osait conclure ainsi : « le prêtre , qui d’une façon ou d’une autre, souffre avec les autres, ne pourra que apprendre et vivre cette passion typique de Dieu notre Père et de Jésus Christ, qui, avec toute sa vie, nous a enseigné : « soyez miséricordieux comme est Miséricordieux votre Père qui est aux cieux » (Lc 6, 36) ».

Criez et témoignez au cœur de tout le peuple que Dieu est l’Emmanuel et que nos Eglises sœurs sont proches à vous car « les joies et les Espérances des hommes d’aujourd’hui sont aussi les joies et les Espérances de tous les disciples du Christ » (Gaudium et Spes).

Le Saint Père, notre Pape Benoît SEIZE (XVI) dans son adresse au début de l’année sacerdotale nous a rappelé comme sacerdoces : « dans le monde d’aujourd’hui, comme au temps du curé d’Ars, il faut que les prêtres dans leur vie et actions se distinguent par une forte témoignage évangélique. Il le rappelait sa sainteté le Pape Paul VI : « l’homme contemporain écoute volontiers les témoins que les maîtres, ou s’il écoute les maîtres, il le fait car ils sont témoins ». Pour qu’il ne naisse pas un vide existentiel en nous et ne soit compromise l’efficacité de notre ministère, nous devons nous interroger toujours et à nouveau : « sommes-nous vraiment envahi par la Parole de Dieu ? Est-il vrai qu’Elle est notre aliment de vie plus que le pain et les choses de ce monde ? La connaissons-nous vraiment ? L’aimons-nous ? nous occupons-nous intérieurement de cette Parole au point qu’Elle imprime et laisse des traces à notre vie et forme notre pensée ? Comme Jésus qui appelait ses disciples pour être avec lui, et seulement après les envoyaient pour prêcher, ainsi à nos jours, pour nos prêtres, Jésus les appelle pour assimiler cette « nouvelle vie » qui a été inaugurée par Lui et les apôtres en ont fait une de leurs priorités et propriétés. »

Nous comprenons ainsi mieux la « voie » tracée par Jésus et dont parle l’Evangile d’aujourd’hui. Ce n’est pas une vie « autre » ou différente de celle du Maître, c’est la même vie qu’il a parcourue dans la pauvreté, la chasteté et l’obéissance en renonçant aux liens et à la possession pour mieux vivre le don du Règne de Dieu. Ce que tu as te divise des autres ; ce que tu donnes te fais unir aux autres et à Lui. Quand tu possèdes des biens, tu donnes aussi des biens. Celui qui n’a rien se donne soi-même et cela fait sa richesse intérieure : « je ne possèdes ni or ni argent, mais ce que j’ai, je te le donnes : au nom de Jésus de Nazareth , marches » (Act. 3,6).

Jésus lui-même a fait ce choix ; riche qu’Il était, il s’est fait pauvre » (Phil. 2), pour nous enrichir par sa pauvreté. Le Seigneur qui donnes cette voie comme forme de vie par l’intermédiaire de l’Eglise, vous y avez répondu : « me voici ». Me voici comme homme, fils de ton peuple, fais de moi ce que Tu veux. Tu es en train de nous dire : ma vie cherche la Beauté. Je cherche Ton visage, la beauté de ton Visage, cette beauté toujours ancienne, toujours nouvelle, sous laquelle je voudrai prendre la fraîcheur, de prendre possession de ma vie, pour laquelle je consacre toute ma vie.

Nos yeux, à certains moment, contemplent cette œuvre, réalisée dans le geste ancien de l’imposition des mains, par lequel le Seigneur, par l’intermédiaire de l’Evêque, prendra possession de chacun de vous, en vous disant : « tu m’appartiens ». Tu es sous la grande protection de ma main. Tu es sous la protection de mon cœur. Tu es gardé dans le creux de mes mains, ainsi tu te retrouves dans l’immensité de mon amour. Mais aussi il t’offre un espace de vie, pour te dire : restes dans l’espace de mes mains et donnes-moi les tiennes.

Cet espace se concrétise essentiellement dans l’Eucharistie. Les soins de la pastorale, le service de la prédication et de la miséricorde, pour le prêtre trouvent leur fondement et leur qualité seulement dans la célébration de l’Eucharistie. Quand Jésus prononce les paroles : « faites ceci en mémoire de moi », ce n’est pas qu’Il célèbre un geste isolé, mais Il est en train d’assumer encore une fois sa prédication du Règne de Dieu et voit en même temps sa propre mort imminente à la lumière du Règne à venir et définitif.

Dans tout rapport d’amour et même conjugal, il y a des moments où les paroles ne suffisent pas pour exprimer la richesse et la fécondité de l’amour : pour le prêtre, ce moment se vit dans la célébration Eucharistique. C’est seulement au Cénacle, où nous prêtres, nous avons été générés, nous trouvons la lumière pour notre vie. Ce fait d’unité de Dieu à l’homme se réalise dans l’amour : « ceci est mon Corps. Ceci est mon Sang… Faites ceci en mémoire de moi ». Le prêtre se voit à l’Autel. Quand viendra le moment de recevoir dans vos mains, le calice et la patène avec les espèces eucharistiques pour célébrer les divins mystères, vous écouterez l’exhortation : « rends-toi compte de ce tu feras, imites ce que tu célèbreras, conformes ta vie au mystère de la Croix du Christ Seigneur ». Je vous le dirai avec solennité : « prenez bien conscience de ce que vous ferez, vivez ce que vous accomplirez, et conformez-vous au mystère de la Croix du Seigneur.

La vie d’un prêtre part de l’Autel, de la rencontre intime avec le Seigneur pour y retrouver à nouveau, avec l’histoire de son peuple, avec l’amour pour le peuple confié. Saint Thomas d’Aquin définit ce rendez-vous passionnant comme lieu dans lequel nous expérimentons le « pacte divin » ou mieux « souffrir pour les biens de Seigneur » et retourner au « pacte humain » avec un rendez-vous passionnant pour l’homme. De ce pacte, votre service pastoral pour l’homme aura son visage avec une histoire, une demande, une douleur ou une joie à vous donner.

Pour vous diacres, le pacte humain (patti humana) aura un caractère spécial de service aux plus indigents dans l’Eglise, votre présence doit inciter et provoquer un réveil eucharistique que l’Evangéliste Jean nous rappelle dans le merveilleux extrait de lavement des pieds aux disciples. La culture eucharistique devient ainsi un lieu d’engagement de sa propre liberté à vivre un amour sincère, non seulement en pensées ou en sentiments mais en engagement aux œuvres de charité, de miséricorde pour l’homme intégral. Dès aujourd’hui, il reviendra à vous, chers diacres, à renvoyer la communauté eucharistique, rappelant à tous : « la messe est finie, allez en paix », en outre, l’Eucharistie est un envoie en mission disant : maintenant, c’est ton tour d’évangéliser et servir le monde.

Je vous confie à la Vierge Marie, Modèle du disciple et gardienne de votre et de notre ministère diaconale et sacerdotale. Je vous souhaite à vous aussi d’être, comme elle, gardiens et transmetteurs de la Parole de Dieu.

+ Antonio Staglianò

Sorgente: Homelie Tenue par son excellence Monseigneur A. Staglianò, Eveque du Diocese de Noto Pour l‘ordination diaconale et sacerdotale du 13.01.2010 a Butembo au Diocese de Butembo-Beni

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